//
you're reading...
Etudes, Musique

Magazine musical ou blog?

Le débat sur la liberté qu’offre internet et son indépendance d’esprit, et sur l’avenir des magazines papier est toujours d’actualité. Mais je dirais, qu’au-delà de la question du numérique et de la disparition du papier, il se déplace vers un véritable débat d’idées. Le blog offre-t-il vraiment une qualité et un esprit critique meilleurs que le magazine traditionnel? Les bloggeurs ont-ils une meilleure prise sur l’information et un point de vue plus lucide qu’un journaliste dit « professionnel »?

Le magazine Vibrations s’exprimait ainsi dans son édito du n° d’Avril 2011: « Le journalisme musical est aujourd’hui dans une position cornélienne. D’un côté il est accusé, souvent à raison, de servir la soupe tiède aux maisons de disques et aux attachés de presse; de l’autre il est concurrencé par les blogs qu’on pare, un peu vite, de toutes les vertus: indépendance, liberté de ton, ouverture aux consommateurs de tout poil, etc. Or la situation est moins binaire qu’elle n’y paraît. Il n’y a plus que les naïfs pour croire encore à l’indépendance vertueuse du web. On sait que sous nombre de blogs ou de sites pseudos-personnels se cachent en réalité des entités commerciales avérées. On apprend tous les jours que tel ou tel bloggeur réputé « influent » est rémunéré pour ses avis « pertinents » sur les produits culturels. Dans ce contexte, la presse musicale indépendante se doit de réagir et de proposer, tout simplement, un contenu meilleur. Vibrations n’est pas un îlot protégé. Il est tout autant confronté que les autres médias à des pressions commerciales. Nous avons décidé depuis longtemps de suivre notre instinct, de n’accepter d’être partenaire d’un artiste que s’il nous plaisait. Nous allons renforcer cette ligne dans les mois prochains. »

Pierre-Jean Crittin, rédacteur en chef de la revue, nous donne bon espoir que le journalisme professionnel garde sa vocation de parler surtout et d’abord des artistes qu’il aime. Au fond, tout est affaire de passion dans le secteur de la musique, et seront toujours blâmés ceux qui s’en éloigneraient au nom d’une assurance financière. Je crois aussi dans la sincérité que transpirent les mots, le « sonner faux » est tout autant repérable en littérature qu’en écriture journalistique, ainsi un « papier » commercial a toujours le danger d’être repéré, un lecteur attentif orientera ses lectures vers ce qu’il considère de juste. A cela on ne pourra jamais rien faire contre. Et bien heureusement.

Blanche Alméras

À propos de blendedartvision

Aime piocher dans la musique, me projeter dans des films, le partager, explorer des cultures, y apprendre des sens et apprécier ce qui est beau...

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :