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Littérature

Armadale de Wilkie Collins, 1866

Wilkie Collins est peut-être trop peu cité dans nos références littéraires, ce contemporain et ami de Charles Dickens, héritier d’Edgar Allan Poe et inventeur du thriller psychologique, a tout pour plaire aujourd’hui encore aux amateurs de romans à suspens.

Armadale est considéré comme son chef-d’oeuvre par ses lecteurs à côté de Pierre de Lune et de La Dame en blanc, autres perles de roman d’intrigue. Il a d’abord été publié en feuilletons de 1864 à 1866, puis publié en librairie. D’un bout à l’autre du livre, la densité psychologique des personnages participe de cette intrigue bien ficelée qui nous entraîne jusqu’au bout dans un tourbillon de pensées grâce aux procédés narratifs. Entre les pensées des personnages, les correspondances épistolaires, la lecture d’un journal intime, l’analyse de bon sens de certains et les conversations des autres, nous plongent dans un procédé où le bien et le mal, incarnés parfois tout à la fois dans un personnage, régissent le cours des évènements tout en échappant à toute règle de bon sens. Une force extérieure tient lieu d’ennemi, transposée d’abord dans la fatalité, puis dans un rêve et enfin dans un personnage.

On ressent très fort l’influence de l’époque durant laquelle la psychologie et la psychanalyse se développaient, où les rêves endossaient leur rôle, au vu de la science, dans le degré de réalité, et, autrement, on voit bien dans le roman que l’écriture est un outil révélateur de la vérité alors que les paroles ne sont qu’un apparat douteux de la réalité.

L’intrigue psychologique tissée en fond de toile joue sur les deux tableaux de réalité, entre le rêve et l’action, et donc sur le destin, fruit de la rencontre des deux. On ne sait plus à un moment lequel prend le dessus, lequel est fiable, jusqu’où la manipulation peut aller et le mensonge triompher. Une réflexion très intéressante d’ailleurs sur le nom et ce qu’il apporte à l’identité est au noeud de l’intrigue, le nom peut-il réellement cacher ou changer une personne?

Heureusement finalement, la morale qu’on peut tirer du livre est que les rêves ne révèlent qu’une partie du destin et que notre psychologie nous rend finalement maîtres de nos actes et du cours des évènements.

À propos de blendedartvision

Aime piocher dans la musique, me projeter dans des films, le partager, explorer des cultures, y apprendre des sens et apprécier ce qui est beau...

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